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Le vaccin contre le zona : une nouvelle arme contre la maladie d’Alzheimer ?

Quand on parle du vaccin contre le zona, on pense d’abord à une protection contre une infection cutanée douloureuse. Mais depuis 2025, la science nous offre une raison supplémentaire, et inattendue, de s’y intéresser sérieusement.

Selon un récent article publié en 2025 par la Fondation Alzheimer, la vaccination contre le zona permettrait non seulement de prévenir cette douloureuse infection cutanée, mais aussi de réduire de 20 % le risque de développer la maladie d’Alzheimer.[1]

Une découverte qui change la façon de voir ce vaccin, autrefois considéré comme purement dermatologique.

Qu'est-ce que le zona ?

Le zona est une maladie infectieuse liée à la réactivation du virus de la varicelle. Après une première infection, souvent vécue dans l’enfance, le virus ne disparaît pas complètement. Il reste dormant dans l’organisme,caché dans les ganglions nerveux pendant plusieurs décennies. Il peut se réveiller à tout moment, mais surtout après 50 ans, lors d’une période de vulnérabilité immunitaire : fatigue intense, stress prolongé ou maladie.[2]

Au Québec, une personne sur trois développera un zona au cours de sa vie.[3] Ce chiffre, à lui seul, illustre à quel point cette maladie est répandue et mérite qu’on s’y attarde.

Les premiers signes à reconnaître

Le zona ne s’annonce pas toujours de façon évidente. Le Dr Paul Poirier, cardiologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, explique que la phase visible est précédée d’un inconfort marqué, caractérisé par des picotements ou une sensation de brûlure. De petits boutons rouges n’apparaissent sur la peau que 24 à 48 heures après ces premiers signaux.[4]

Cette période préalable à l’éruption est souvent déroutante : on peut croire à une douleur musculaire, une côte froissée ou même un problème cardiaque si la douleur se situe au niveau du thorax. Reconnaître ces signaux précoces est essentiel, car les traitements antiviraux sont beaucoup plus efficaces lorsqu’ils sont administrés rapidement, idéalement dans les 72 heures suivant l’apparition des premiers symptômes.[5]

Des complications qui peuvent durer des années

La complication la plus courante est la névrite post-zostérienne. Cette douleur, qui peut persister des mois ou des années, altère considérablement la qualité de vie, surtout chez les personnes âgées.Elle se manifeste par des sensations intenses, souvent décrites comme des brûlures, des chocs électriques ou des coups de couteau sur le trajet du nerf touché. Ces douleurs peuvent altérer la qualité du sommeil, les activités quotidiennes et l’équilibre émotionnel, allant parfois jusqu’à provoquer une dépression réactionnelle.

Le risque de développer cette complication augmente significativement avec l’âge : elle touche environ 20 % des personnes qui font un zona après 60 ans, et jusqu’à 30 % après 80 ans.[5]

Dans des cas plus rares, le zona est susceptible d’entraîner une paralysie musculaire, voire une baisse de l’ouïe ou de la vision.

Lorsque le virus atteint le nerf facial, il peut provoquer une paralysie d’un côté du visage, connue sous le nom de syndrome de Ramsay Hunt. Lorsqu’il se développe au niveau ophtalmique, il peut causer des lésions oculaires graves et des troubles persistants de la vision si la prise en charge est tardive.[6]

Le lien avec la maladie d'Alzheimer : ce que dit la science

Depuis plusieurs années, des chercheurs s’intéressent au lien entre les infections virales et les maladies neurocognitives. Les résultats qui émergent sont frappants. Des études épidémiologiques à grande échelle menées par des équipes de l’Université Stanford et de l’Université d’Oxford ont analysé les données de santé de centaines de milliers de personnes âgées. Leurs conclusions convergent : les personnes vaccinées contre le zona présentent un risque significativement plus faible de développer une démence ou la maladie d’Alzheimer.[2]

Une étude publiée dans la revue Nature en 2025 a analysé les données de plus de 280 000 adultes au Pays de Galles. Elle a établi que les personnes vaccinées étaient 20 % moins susceptibles de développer une démence, toutes formes confondues, sur un suivi de plus de sept ans.[2] Ces résultats ont été jugés particulièrement robustes car ils s’appuient sur un protocole dit « expérience naturelle », qui réduit considérablement les biais habituels de ce type d’étude.

Comment expliquer ce lien ? Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. Le virus varicelle-zona pourrait, lors de sa réactivation, déclencher une réaction inflammatoire dans le cerveau, favoriser l’accumulation de protéines anormales associées à Alzheimer, ou encore fragiliser les vaisseaux sanguins cérébraux. En réduisant la fréquence et la sévérité des réactivations, le vaccin exercerait ainsi un effet neuroprotecteur indirect.[1]

Le Dr Chantal Sauvageau, membre du Comité sur l’immunisation du Québec, souligne par ailleurs que le vaccin Shingrix, utilisé depuis 2023 au Canada, est beaucoup plus efficace pour prévenir l’infection que son prédécesseur, avec une efficacité d’environ 90 % contre le zona.[3] Cela laisse entrevoir que son effet protecteur contre la démence pourrait être encore plus marqué que ce que les premières études ont mesuré.

Ce que prévoit le programme québécois

Depuis 2026, le gouvernement du Québec a réduit l’âge minimal requis pour la vaccination gratuite contre le zona. Ce vaccin est désormais offert sans frais aux personnes de 71 ans et plus, ainsi qu’aux adultes immunodéprimés de 18 ans et plus.[7]

Le vaccin comprend deux doses espacées de 2 à 12 mois, et son efficacité à prévenir le zona est d’environ 90 %, maintenue pendant au moins 10 ans.[7] Pour les personnes de 50 à 70 ans, le vaccin est recommandé mais non couvert par l’État. Des organismes comme l’Association pulmonaire du Québec militent activement pour que la gratuité soit étendue à tous les adultes de 50 ans et plus, rejoignant en cela la recommandation du Comité sur l’immunisation du Québec.[3]

Un geste simple, une protection double

Il est rare qu’un seul et même vaccin puisse offrir deux bénéfices aussi distincts : protéger contre une maladie douloureuse et potentiellement invalidante, et contribuer à préserver la santé cognitive à long terme. C’est pourtant ce que les données scientifiques actuelles suggèrent de plus en plus clairement.

Ce n’est pas un remède contre Alzheimer. Mais dans un contexte où aucun traitement curatif n’existe encore contre cette maladie, chaque facteur de protection accessible et prouvé mérite d’être pris au sérieux. Le vaccin contre le zona en fait partie.

Si vous souhaitez passer à l’action, l’équipe du Centre de vaccination AES est là pour vous accueillir et répondre à vos questions.

Note de source
  1. Fondation Alzheimer – Zona et Alzheimer : ce que dit la recherche (2025)

  2. La Presse – Trois nouvelles études : le vaccin contre le zona et contre la démence (30 décembre 2025)

  3. La Presse – Un vaccin contre le zona est réclamé dès 50 ans (6 février 2026)

  4. Dr Paul Poirier, cardiologue, Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

  5. Protégez-Vous – La vaccination gratuite contre le zona élargie aux personnes de 71 à 74 ans (janvier 2026)

  6. VIDAL – Les différentes formes et complications du zona

  7. Gouvernement du Québec – Vaccination contre le zona : admissibilité et modalités

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